Performer ses oraux et réussir ses entretiens : un coaching pour comprendre les implicites

On raconte que les parents de Dominique Strauss-Khan pratiquaient avec leurs enfants, dès tout petits, une forme de joute verbale afin de leur demander de défendre, successivement et avec autant de ferveur, deux thèses contradictoires ce qui avait pour conséquence que “les repas tournaient parfois à la partie de ping-pong intellectuelle (…) [et que] les enfants, très jeunes, avaient droit à la parole. C’était même un devoir.

Indépendamment de l’anecdote, ce qui fait écho, c’est le caractère par nature discriminant des exercices de prise de parole en public. Ceux qui auront été habitués, de par leur famille ou leur réseau, à discuter ou faire part d’opinions, seront évidemment plus à l’aise, donc plus naturels, d’une certaine manière plus aptes, à faire passer leur message.

Les autres, peuvent être tout aussi brillants, voire davantage. Mais l’accès à leurs propos est parfois rendu plus difficile parce que la maitrise de la forme, des savoirs-êtres de base (politesse, salutations du jury, installation à table, etc.), ne sont pas parfaitement maitrisés.

Entretiens ou épreuves d’admission, les « oraux » sont avant tout la démonstration d’une capacité à susciter puis à capter l’attention d’un jury

A compter de 2021, Sciences Po Paris réforme son fameux concours d’entrée pour faire disparaitre les épreuves écrites. L’objectif de cette réforme est donner accès directement au jury de concours afin qu’il puisse, plus humainement qu’académiquement, écouter et apprécier la motivation, la personnalité, et surtout le potentiel d’un jeune candidat.

L’idée en soi est excellente, bien que pas toujours comprise, et sa mise en œuvre n’est pas si aisée.

En effet comme l’indique tous les rapports de jurys de concours – des écoles privées comme de la fonction publique – nombre de candidats feraient un bond incroyable dans leur préparation, puis leur prestation, s’ils prenaient la mesure de ce que recouvrent les épreuves d’admission.

En termes de positionnement tout d’abord, il ne s’agit pas pour le candidat d’être passivement “en train de se faire examiner”, ni de chercher à donner « la » bonne réponse. Au contraire, il doit être actif dans le déroulé de cet entretien, se dévoiler, parler de qui il est, ce qui fait sens pour lui, etc. C’est un véritable changement de paradigme quant à l’état d’esprit requis.

Le candidat doit parvenir à partager avec le jury ce qui est remarquable dans sa démarche de candidature et dans son projet professionnel. Il doit exposer de manière claire ses ambitions, pour venir raconter aux jurés l’histoire (espérée) de sa réussite. Ces derniers n’auront alors plus qu’à la confirmer.

Venir rencontrer son jury plutôt qu’attendre d’être examiné par un jury, quelques clés pour se dévoiler

Les membres du jury, que nous n’appellerons donc plus les examinateurs, attendent un échange « sincère » du candidat.

Ce dernier verra son potentiel examiné davantage que ses connaissances.

Pour cela il devra se raconter de manière authentique, mais néanmoins codifiée par les usages sociaux, soit un vaste programme !

Ce positionnement attendu du candidat nécessite que ce dernier ait une bonne connaissance de lui-même et dispose d’un niveau de confiance en soi suffisant.

Résumer à sa stricte finalité, un coaching de préparation de concours va permettre au candidat de travailler avec un tiers – le coach – sur la clarification de son projet et sur sa capacité à l’affirmer.

Grâce à un effet de miroir non déformant, sans jugement, ni orientation des réponses, le coach va renvoyer à son client ce qu’il entend et ce qu’il voit. Il s’agit de lui faire prendre conscience de la manière dont il peut être perçu et entendu. Ce faisant, la personne va apprécier si cela lui convient, ou non, et si elle souhaite changer, ou pas, certains aspects.

Après cette étape de compréhension de l’image que l’on renvoie, prérequis indispensable pour entamer un travail d’amélioration de sa prestation, le coach va travailler avec le candidat sur sa prise de parole en public en tant que telle.

Plusieurs compétences seront en effet à mobiliser : gestion du stress, expression orale, maîtrise des codes, capacité à susciter l’attention et à la conserver, etc. Un travail autour de sa capacité à performer au moment des épreuves pourra aussi lui être proposé.

Un coaching pour se comprendre et mieux appréhender les attendus informels des sélectionneurs

Lorsque l’on considère un panel de lycéens ou de jeunes étudiants avec des dossiers excellents et qu’on les place devant un jury, ce qui va finalement les distinguer, ce ne sont pas les connaissances mais la manière de les dire.

Nous pourrions considérer que c’est positif. Les jurés apprécient davantage des personnes, des motivations, des potentiels, que de simples savoirs. 

Certes, mais l’écoute pleine et attentive d’un candidat, l’appréciation objective de ce qu’il dit, n’est en réalité possible que si la « forme » est maitrisée. Tant que les codes et les savoirs-êtres “de base” ne sont pas présents, ce sont autant de parasitages qui interfèreront dans le ressenti que se fait un jury d’un candidat.

Sans compter que les attitudes corporelles, les accents et les expressions sont de véritables marqueurs géographiques et sociaux qui peuvent aussi venir influencer l’opinion du jury. Il ne s’agit en aucune manière de se transformer – quoique certains s’y essaient – encore moins de se renier. Il faut simplement être conscient que la manière dont on se tient, dont on s’exprime, dont on pose sa voix ou prend sa respiration, sont autant d’indicateurs, pour un jury, de la personne qu’il a en face de lui.

Heureusement, tous ces codes et ces savoirs-êtres attendus lors des oraux, ou des entretiens de manière générale, s’apprennent.

La seule différence entre les candidats, c’est que certains les intègrent tout petits, d’autres un peu plus tard. Et si ces implicites ne sont pas acquis en famille, ils peuvent l’être ailleurs : écoles, associations sportives, coach spécialisé.

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